Publié le 23/02/2016 - Mis à jour le 17/03/2016
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Le GPMR anticipe la croissance du réseau

Pour SNCF Réseau, le grand plan de modernisation du réseau (GMPR) constitue un chantier prioritaire, doté de plus de 2,5 milliards d’euros par an. S’organiser le mieux et le plus en amont possible pour limiter les perturbations est un défi de taille, relevé grâce à une plannification rigoureuse, aux outils numériques… et au travail de milliers de personnes.

Au cœur de la campagne tarnaise, un TER Midi-Pyrénées file sous le soleil hivernal. A son bord, Brigitte, la soixantaine et l’accent chantant, se rend à Albi pour effectuer ses achats de Noël. « Je sais déjà exactement dans quels magasins je vais aller, car je ne veux pas rater le retour de 15h20 : je dois récupérer ma petite fille à l’école ! » Mais la souriante jeune retraitée n’est pas inquiète : depuis l’automatisation de la signalisation entre Tessonnières et la préfecture, les arrêts intempestifs en pleine voie ne sont plus qu’un lointain souvenir, et les trains en retard se font de plus en plus rares.

Planifier pour un maximum d’efficacité

« La construction de nouveaux postes d’aiguillage informatisés et d’un poste de commande à distance, c’est la garantie d’une gestion simplifiée des circulations et donc d’une régularité accrue », confirme Selim, Responsable Fonctionnel en Système d’information chez SNCF Réseau. De son bureau parisien, l’ingénieur explique le rôle déterminant que joue l’informatique ferroviaire. « C’est un outil d’aide au pilotage inestimable. Il nous donne une connaissance de plus en plus fine du réseau, et nous permet d’intervenir avec un maximum d’efficacité ».

De nouveaux postes d’aiguillage informatisés, c’est la garantie d’une gestion simplifiée des circulations

À quelques centaines de kilomètres de là, le tunnel de Saint-Martin-d'Estréaux permet à la petite ligne régionale de franchir les monts du Forez. Sophie, chargée d’étude patrimoine de SNCF Réseau, l’inspecte torche électrique au poing en compagnie d’un conducteur de travaux de la SNCF. La rénovation totale de ce tunnel est planifiée, afin d’améliorer la liaison entre Lyon et Clermont-Ferrand. « Le nombre de voyageurs sur cette ligne n’est pas exceptionnel, mais la sécurité impose ces travaux », explique la jeune femme. « Il faut savoir que la moitié des ouvrages d’art sont plus que centenaires, et c’est d’autant plus vrai ici dans ce berceau historique des chemins de fer français ! »

La technologie numérique pour toujours plus de fiabilité

Retour dans le bureau de Selim. « Chaque jour, près de 15 000 trains circulent sur les 30 000 km du réseau », explique l’ingénieur. « Et ici, en région parisienne, c’est une cadence encore plus importante. Imaginez que le RER A, par exemple, correspond à 3 fois le trafic TGV ! Le RER B, c’est un train toutes les 3 minutes en heure de pointe ! Dans ces conditions, anticiper les incidents est impossible, mais anticiper les conditions de leur arrivée, ça on peut ! Et on met en œuvre tous les moyens pour y parvenir.

 

Vue de RER à quai

 

Chaque jour, près de 15 000 trains circulent sur les 30 000 km du réseau

C’est justement l’idée du déploiement du GSM-Rail. Quand on dit fiabilité du réseau et rénovation, on pense tout de suite travaux. Mais c’est aussi en amont que cela se joue. Ce remplacement d’une technologie analogique par une technologie numérique apporte davantage de fiabilité, et ses fréquences spécifiques pour une communication train/poste de communication offrent une meilleure réactivité face aux incidents. »

GSM-Rail
 

GSM-Rail, nouveau système de communication spécifique au ferroviaire, remplace progressivement le réseau actuel de télécommunications analogiques Radio Sol-Train. A terme, GSM-Rail va permettre les communications numériques de voix et de données sur les 15 000 km de voies principales. Ce système interopérable au niveau européen fait l’objet d’un partenariat public/privé.

Des travaux colossaux… et un impact minimal sur le trafic

Quelques dizaines de kilomètres plus au nord, dans la vallée de l’Oise, on est justement en plein travaux. 28 trains de voyageurs et 6 de fret circulent chaque jour sur La ligne Tergnier-Laon, qui relie la région Picardie et la région Champagne-Ardenne. Arnaud, technicien de maintenance et d’exploitation de la SNCF, s’active sur le guidon d’une tirefonneuse. Reposant les attaches des rails sur les traverses qui viennent d’être changées, il participe depuis plusieurs semaines aux travaux de renouvellement des 37 km de voies : « Après les travaux de préparation du chantier, nous sommes maintenant sur le remplacement du rail, du ballast et des traverses. En tout, cela représente 6 mois de chantier, en comptant les travaux de finition. Nous sommes près de 400 à être mobilisés, pour plus de 40 000 tonnes de ballast et 34 000 traverses. »

Pourquoi renouveler les voies ?
 

Qui fait quoi dans le renouvellement des voies ferrées ? Pourquoi cette démarche est-elle indispensable ? Et à quel ryhtme s’opère-t-elle ? Comment se déroulent les travaux ? Les réponses en vidéo.

 

En tout, ce chantier représente un investissement de 37,1 millions d’euros, entièrement financé par SNCF Réseau. La sécurité et le confort des voyageurs n’ont pas de prix ! Rendus indispensables par l’usure naturelle des matériaux, ces travaux n’empêchent pas toute circulation. Un plan de transport adapté est mis en place, car la sécurité et le confort des voyageurs se marient très bien avec la ponctualité